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Queer suis-je?

Queer suis-je?

Billets d'amour, d'humeur et d'humour d'une dure à queer

Publié le par Bonnie Braun
L'écriture inclusive en débat

J'ai récemment participé, à mon corps défendant, à un débat facebookien (bien que j'essaie toujours de fuir ces derniers) sur l'écriture inclusive.

Tout est parti de l'initiative d'un instit' (cf: la photo de l'article) qui, en toute bonne foi, a repris une initiative elle-même anglo-saxonne, afin de l'afficher à l'entrée de sa classe. Ce qu'il n'avait pas anticipé, c'est que la traduction française n'allait pas lui rendre justice, et que la langue anglaise étant ce qu'elle est, elle permet l'inclusion des genres, contrairement la langue française... Ainsi lorsque un.e enfant lit cette affiche, un problème de taille peut se poser....

Les débats ont alors été un peu ....vifs autour de la nécessite, ou non, de féminiser par le biais d'une écriture non-sexiste, les adjectifs et noms employés, et les arguments les plus fallacieux ont été utilisés.

Outre les expressions hasardeusement sexistes, je vous passe les "le masculin l'emporte sur le féminin dans la langue française" (ah bon?? merci de la non info), "vous pinaillez", "c'est de la féministérie" ,"l'écriture inclusive c'est pénible à lire" ou encore "votre combat est néfaste pour la condition des femmes". Très vite nous en sommes arrivés à ce que moi j'appelle le point "Godgouine": "tu dois avoir un problème avec les hommes" et "féministe castratrice" (remarque valable aussi pour les non gouines bien entendu)

Alors malgré tous ces arguments de taille, je continue de penser que l'écriture inclusive (ou non sexiste ou épicène) reste un combat féministe aussi important que celle de lutter contre les stéréotypes de genre pour l'égalité filles/garçons, et qu'elle n'est pas juste anecdotique comme essaieraient de nous le faire penser certaines personnes (en l'occurence là il s'agissait d'hommes)

Il faut savoir que les mots lus ou entendus créent des images mentales dans le cerveau et notamment dans le cerveau des enfants. Quand nous lisons un texte nous nous faisons un film, quel qu’il soit. Des représentations visuelles émergent alors et donnent de la couleur et des formes à ce que nous venons de lire. D’où l’importance de bien choisir les mots que l'on utilise. Quelle image nait dans l'esprit d'un.e enfant lorsque iel lit le mot "explorateur" ou "preneur de risque"? Pour la moitié du lectorat (garçon) tout va bien, il va se reconnaitre mais pour l’autre moitié? (et je ne vous parle même pas des enfants transgenres, mais si j'avais abordé ce sujet sur le débat facebookien mes interlocuteurs auraient fait un anévrisme...)

Pour donc l'autre moitié fille (si l'on s'arrête à une représentation binaire simple) c'est bien plus compliqué....

Indépendamment de notre volonté, notre cerveau façonne des images à la lecture de certains mots, et c’est ainsi que naissent les stéréotypes dans nos têtes et surtout dans celles des plus jeunes. Luttez contre, est donc une des bases de l'égalité filles/garçons dès le plus jeune âge. Ainsi en permettant aux deux genres d'être représenté dans l'écriture des noms et des adjectifs, cela permet aux enfants de pouvoir s'identifier elleux-même mais aussi leurs camarades, ce qui n'amènera plus d'images préconçues et stéréotypées.

Alors même si mon écriture est chiante à lire pour certain.es, que je fais parfois beaucoup de néologismes et que je tords le cou aux vieux réflexes obsolètes de la grammaires française, je ne changerai pas. La langue française a toujours évolué avec les siècles et s'est toujours adaptée à l'évolution de la société, elle continuera et soyons tranquilles, il n'y aura pas mort d'hommes (ni de femmes) !

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