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Queer suis-je?

Queer suis-je?

Billets d'amour, d'humeur et d'humour d'une dure à queer

Publié le par Bonnie Braun
Injonctions sociales : le mythe de la "première fois"

Les injonctions sociales sont ces tous ces petits riens qui font que la vie dans notre société occidentale et patriarcale est régie par des obligations, plus ou moins insidieuses, plus ou moins contraignantes, mais que l'on s'impose souvent inconsciemment et qui lorsqu'on y réfléchit bien, n'ont absolument aucune raison d'être.

(Attention je tiens à préciser que ce billet ne s'attache à aucune croyance religieuse ou culture quelles qu'elles soient)

La première injonction sur laquelle je voulais m'attarder est : "la première fois" et toute la pression mise sur les épaules des adolescent.es et des jeunes adultes de la part de leurs pairs et des adultes elleux-même.

La première relation sexuelle est considérée comme un rite de passage à l'âge d'adulte plus important aujourd'hui que les premières règles pour les filles comme ça pouvait être le cas autrefois. Le premier rapport sexuel donne une reconnaissance sociale non négligeable. Il permet à l'adolescent.es de faire partie d'un groupe, de celleux qui "l'ont fait" et donc d'assoir un certain savoir par rapport aux non sachant.es., celleux qui sont encore vierges.

Seulement attention, comme 99,9% des sujets de société en rapport avec le sexe, l'argent et le pouvoir, les femmes et les hommes ne sont pas égaux, vous l'aurez compris.

Pour les filles, il s'agit de ne surtout pas le faire trop tôt, sinon c'est l'étiquette de salope assurée. Pour peu que ce ne soit pas avec un garçon avec qui elle est officiellement en couple, et depuis longtemps, alors là, c'est l'étiquette pour de nombreuses années... (je ne parle pas ici d'une première relation sexuelle avec une autre fille car ce n'est très souvent pas considéré comme étant une VRAIE "première fois") 

Une fille qui attendra "le bon", elle, a contrario, sera considérée comme une fille "bien" et respectable.

Pour les garçons, bien entendu c'est tout l'inverse. Plus ils sont jeunes et plus ils sont respectés par leurs pairs. Les adultes trouvent alors qu'ils sont "précoces". Une sorte de fierté peut même se faire ressentir chez les hommes de la famille. Si le rapport vient à tarder, le garçon sera considéré comme un puceau honteux ou pire, un pédé. 

Attention, je le redis, je n'ai pas besoin d'aller dans une cité quelconque, ni de me référer à une religion particulière pour avancer tous ces clichés. Ce sont des représentations et des oppressions subis par un grand nombre d'adolescent.es et de jeunes adultes de tous bords et tous horizons, classes sociales, cultures et religions confondues.

Je tiens à préciser que du coté des adultes d'ailleurs, on s'inquiétera d'avantage pour la jeune fille d'une éventuelle grossesse (et plus que des IST d'ailleurs), comme si telle la Vierge Marie, elle avait enfanté seule.

Alors cette première fois a t-elle une réelle importance? On sait que peu d'adolescent.es finalement ont eu une "première fois" réellement consentie et qu'iels ont eu cette relation plus par obligation sociale. On sait que les sentiments amoureux n'ont pas forcement à voir dans cette histoire. On sait que la première fois est rarement "magique" et "formidable" (et toutes les autres premières fois avec de nouvelles personnes d'ailleurs).

Mais le mythe de la "première fois" oppresse encore bon nombre de jeunes adultes et adolescent.es. Au delà des pornos consommés à outrance, il faut désacraliser cet acte et surtout ne plus l'imposer dans la tête de nos ados comme un acte à accomplir à un certain âge car avant ce serait "mal" et après ce ne serait "pas normal".

Le sexe n'est pas une fin en soi, pourtant il nous entoure quotidiennement. Dans notre vie, nos rapports aux autres, à la télévision, dans les médias, et il s'impose aux individu.es comme une "normalité' avérée avec ses codes hétéros ou homonormés.

Par ailleurs, il faut alors souligner qu'il existe des personnes assexuel.les qui ne se reconnaissent pas dans ces représentations et qui rejettent toutes injonctions de "première fois" ou de rapports sexuels impératifs dans une relation amoureuse.

Le sexe reste une affaire individuelle propre à chacun.e. Que l'on veuille avoir un premier rapport sexuel (consenti et protégé) à 14 ans, ne pas en avoir avant 30 ans, n'en avoir jamais ou attendre "l'amour", reste un choix individuel qui doit être réfléchi et décidé hors de toute obligation ou pseudo norme sociale. 

 

 

 

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