Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Queer suis-je?

Queer suis-je?

pro-feminist/animal-friendly/anti-fascist/queer-positive


Sommes-nous bien en France en 2016?

Publié par Bonnie Braun sur 23 Novembre 2016, 13:34pm

Sommes-nous bien en France en 2016?

Ce matin j’ai eu l’immense privilège (malgré moi) d’entendre un débat surréaliste à la radio concernant la fameuse campagne d’affichage contre le VIH par le Ministère de la Santé.

Dans ce débat, aucune des personnes présentes n’a reconnu formellement que la raison qui les amenait à être contre ces affiches, était juste le fait qu’elles présentaient des couples d’hommes, et que "bon c’est un peu contre nature quand même".

J’ai assisté à un débat sclérosé par une homophobie crasse mais qui ne dit jamais son nom.

Extrait :

Les arguments avancés en premier étaient que, dans ces affiches, le sexe était présenté comme un produit de consommation : « coup d’un soir » / « coup d’essai ».

« Le sexe ce n’est pas que ça » « Qu’est-ce qu’on montre à nos enfants ?»

(Ah les enfants ! C’est si facile de les ressortir quand on est à court d’arguments.)

Un auditeur s’insurge : « Qu’est ce que ce que je dis à ma fille de 6 ans devant ces affiches ? Elle a bien le temps d’être confrontée à la sexualité ! »

Bon alors déjà gars, calme toi,  les affiches ne montrent pas un gang bang BDSM, ni une pipe en plan serré, les photos sont très softs, la problème ne se pose donc pas là.

L’animateur lui demande : « Et si votre fille voit un couple d’hommes s’embrasser dans la rue, que lui dites-vous ? ».

« Ya pas de ÇA ici. »

Donc bon là vous l’aurez compris, le ÇA est ultra violent, le mec est clairement homophobe et j’y reviendrai plus loin.

Dans la suite du débat on arrive à l’argument de l’hyper-sexualisation des jeunes.

« Aujourd’hui les jeunes n’ont plus de repères, il y a une banalisation des rapports sexuels et ils arrivent même à monnayer leurs rapports sexuels. »

Alors là c’est le grand n’importe quoi, le grand gloubiboulga, on mélange tout, et puis on voit ce que ça donne.

On amalgame : prévention contre le VIH avec des affiches de couples gays, et, le non- consentement, le viol, l’hyper-sexualisation, la prostitution bref tout ce qu’on essaie au quotidien de démêler dans les actions de prévention auprès des jeunes, on le mélange volontairement pour en faire un argument contre. Aucun intérêt. 

Le seul argument de cette conversation qui à la rigueur pouvait s’entendre, était pourquoi la campagne ne présente que des couples gays. « On s’est battu pendant 30 ans pour enlever le stéréotype de la tête des gens, que VIH n’était pas que l’apanage des couples d’hommes et on nous répond une campagne qu'avec des couples gays. »

Alors pour info c’est une campagne ciblée garçons, due à une recrudescence de l’épidémie du VIH chez les gays.

Fin du débat.

Pour en revenir aux maires d’Angers et d’Aulnay-Sous-Bois qui ont demandés le retrait de ces affiches (clairement poussée au cul (mais sans sodomie) par les lobbies cathos locales), ils invoquent l’argument qu’elles seraient « contraires aux bonnes mœurs »

Donc si la question n’est pas homophobe mais sur un soit disant "appel à la consommation sexuelle" (sous-entendu à la dépravation) qu’en aurait-il été si la campagne n’avait présenté que des couples hétéros ? (Bon ça on ne le saura jamais)

Et si c’est une question d’hyper sexualisation exposée à nos pauvres bambins, que font ces maires des publicités sexistes qui envahissent les rues avec des nanas à poils pour vendre des bagnoles ou des cuisines ???

Enfin pour en revenir à cette très belle expression : « Ya pas de ÇA ici » je me suis posée la question de la réaction du journaliste de la radio si cette personne avait parlé ainsi d’un couple mixte hétérosexuel. Ça non plus on ne le saura jamais...

En tous cas, là c’est passé crème, on tolère ce genre de discours même si l'on n'est pas d'accord, personne ne s’en insurge. 

Tous ces débatteur-euse-s et maires à la petite semaine, se drapent dans des arguments fallacieux pour faire passer, encore une fois, une homophobie latente, insidieuse et gerbante.

Pour ma part j'ai choisi, entre coup politique ou coup médiatique, contre les discriminations il n’y a pas d’autres protections que l’opposition. 

 

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents