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Queer suis-je?

Queer suis-je?

pro-feminist/animal-friendly/anti-fascist/queer-positive


Je n'ai jamais aimé les cadres.

Publié par Bonnie Braun sur 7 Octobre 2016, 13:49pm

Je n'ai jamais aimé les cadres.

Je n’ai jamais aimé les cadres. Devoir imposer une bordure, une fin à ce qui n’en a pas.

Borner, faire entrer un être, un esprit, un ressenti, un frisson dans un cadre.

S’évader, sortir des limites, casser les codes, exploser le réel pour créer sans cesse l’indéfinissable et l’inexistant.

Aujourd’hui tout le monde se range dans une case, plus ou moins grande, plus ou moins étroite.

C’est sur c’est rassurant les cases. C’est bien rangé. Comme dans une bibliothèque, ça référence les choses. Si on te cherche, on sait où te trouver.

Tes origines, ta religion, tes identités, ton orientation sexuelle, ton style de vie ou vestimentaire, tout peut être prétexte pour t’attribuer une étiquette et te définir à tout prix. (étiquette/prix, je te laisse ce jeu de mot gratuit.)

Le monde a horreur du vide.

Aujourd’hui même celleux qui ne veulent pas être rattaché-e-s à une catégorie ou une définition sont queers, pansexuel-le-s, assexuel-le-s, agenres, non-binaires,…

Personne n’y échappe.

Moi si je dois me ranger quelque part, je veux que ce soit moi qui l’ai décidé, et pas que quelqu’un-e l’ait décidé à ma place.

Le problème c’est que c’est souvent de ces cases et étiquettes que naissent ce contre quoi on doit se battre tous les jours: les clichés et les stéréotypes.

Tout le long de ta vie tu seras rangée dans une case.

Le sexe qui te sera attribué à ta naissance, fille ou garçon (et hétérosexuel-le de fait) t’emmènera toute ta vie vers tous les clichés et stéréotypes qui s’y rapportent.

Tu devras te battre pour en sortir.

Ensuite dans tout ton parcours scolaire tu devras entrer dans LE cadre qui te sera imposé.

Tu devras suivre ta scolarité comme tout le monde, au rythme imposé, entre 3 et 18 ans et ce peu importe d’où tu viens, ce qui tu es, tes forces, tes faiblesses, tes difficultés, tes envies… Et oui il n’y a qu’un seul train! Alors si tu le rates, si tu prends le mauvais, celui d’avant ou celui d’après, si tu te trompes de destination ou si tu te trompes de wagon, tu risques d’en être exclu définitivement.

Tout est réglé, paramétrer, on doit tou-te-s se ressembler, avancer au même pas, et si ce n’est pas le cas parce que tu es différent-e et donc discriminé-e, injurié-e, montré-e du doigt, tu ne dois alors SURTOUT pas sortir de la case que l’on aura définie pour toi: L’homo, L-e-a trans, L’étranger-e, L’handicapé-e, L-e-a gros-se, … et c’est souvent ensuite difficile d’en sortir.

Si l’on parle des relations (mon sujet de prédilection du moment) (moment qui dure un peu je l’avoue) on a souvent tendance à reproduire les mêmes choses et qui, de fait, en font aussi des cadres rassurants. Faut pas se mentir, ces cadres sont souvent ceux que la société nous impose: on se rencontre, on discute (un peu), on se drague, on couche ensemble (tout ça au bout d’un temps plus ou moins long). Puis on se met « officiellement » ensemble, on se promet fidélité blablabla, toi + moi + nous, on vit ensemble, on s’aime, on s’engueule (mais on s’aime quand même), on prend un chien, on fait des enfants toussa, et ça dure… ou pas. Et si ça s’arrête bah on chiale, on maudit la Terre entière: « Tou-te-s les mêmes! Plus jamais je me remettrais en couple! », et puis on se relève, on oublie, et on recommence avec l-e-a suivant-e. Tout ça se fait finalement automatiquement, sans trop se poser de questions.

C’est aussi simple comme ça.

Alors qu’en est-il de créer le nouveau? Faire que toutes les relations soient différentes et uniques pour ce que tu crées avec et en fonction de la personne que tu as en face de toi.

Je le sais, sortir des cases c’est compliqué, ça implique de remettre beaucoup trop de choses en jeu et en question, dont soi en premier lieu.

Parce que finalement quand tu fais partie d’une minorité, quelle qu’elle soit, c’est difficile de ne pas s’auto-ranger dans une communauté, qui est une case aussi en soi.

J’entends souvent les: « ouais vous êtes trop communautaires, c’est un vrai ghetto vot’ truc! » Alors moi je réponds que je vis déjà tout le reste du temps dans le ghetto hétérosexiste et ultra normatif de la société et que de temps en temps, oui j’ai envie de me retrouver avec des personnes qui me « ressemblent » ou tout du moins, qui partagent mes valeurs et ma façon de vivre.

L’essentiel (sans faire d’essentialisme) c’est finalement d’être conscient-e que ce que l’on est, de ce que l’on veut être et qu’on a décidé de l’être, non parce qu’on nous l’impose ou que c’est juste plus facile comme ça. Et que si l’on se retrouve dans une case c’est aussi parce qu’on a choisie cette case, qu’on s’y sent bien et qu’elle nous rassure.

Malgré tout, réfléchir, faire bouger les cadres et les lignes reste indispensable et ça permet de faire un peu vaciller celleux bien trop souvent à l’aise à déambuler sur le fil de la norme.

Du Love.

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