Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Queer suis-je?

Queer suis-je?

pro-feminist/animal-friendly/anti-fascist/queer-positive


Moi, Bonnie, gouine de province, j’assume (ou presque).

Publié par Bonnie Braun sur 22 Juillet 2016, 19:00pm

Moi, Bonnie, gouine de province, j’assume (ou presque).

« T’habites où ??? C’est où ça ? Han mais ce ne doit pas être facile pour rencontrer des filles ? Y’a des bars là bas? Des lieux ? »

Voici le genre de phrases auquel je suis souvent confrontée, car oui, je fais partie de ces spécimens de gouines vivant au delà du périph’ parisien ou des grandes agglomérations. Je vis… (Musique angoissante) … à NIORT !

NYort THE PLACE TO BE (oui j’emploie encore cette expression) pour assurer tes biens ou faire un tour de barque dans le marais (non pas celui là, l’autre) mais clairement pas pour rencontrer des nanas si tu es gouine.

Oui parce qu’être gouine en province n’est pas réellement le problème, tout se complique vraiment lorsque tu es gouine et … CÉLIBATAIRE.

Alors, disons le, ce n’est pas vraiment ce qui manque, ici, des lesbiennes, il y en a, j’en croise tout le temps, mais faut aimer Quechua… (Bah oui le marais toussa).

Moi je suis une ovni-gouine ici. Je suis célibataire, sans enfant, et je ne prévois pas d’en avoir dans les mois qui viennent, ni de m’installer en couple demain dans un pavillon de la communauté d’agglo.

Ici, souvent, la lesbienne sort peu, ne milite pas, fait ses courses à Géant Casino le samedi après midi avec sa nana et donc, autant te dire que ça limite beaucoup les possibilités de rencontre. Elle reste très hétéronormée (ou homonormée, comme tu voudras) souvent installée ou pacsée ou mariée ou parente ou tout à la fois.

(ATTENTION ATTENTION : Toi lesbienne de province (de NYort ou d’ailleurs) installée, mariée, encartée chez Leclerc ou Décathlon, sache que je ne te dénigre pas.

Je te vois déjà commenter: « Pour qui tu te prends toi ? Vieille gouine jalouse et frustrée ! »

Non (déjà je ne suis pas SI vieille) et sache que je te respecte toi et ton mode de vie, non jugement, toussa. Vraiment. (Juste tu ne m’aides pas trop à rencontrer des filles quoi))

Bref, concernant les lieux de rencontres, bon bah ça va être très rapide vu qu’il n’y en a pas, (sauf le H&M du centre ville mais ça c’est mon spot non officiel), qu’il y en avait mais étaient principalement des lieux mecs, ou très vite investis par des mecs donc sans aucun intérêt.

Alors on ne va pas se le cacher, ça n’a pas été facile tous les jours (oui parce que je suis aussi née à NYort) et que quand je me suis rendue compte que j’aimais les filles (genre vers l’âge de 6 ans) et surtout qu’il fallait que j’en rencontre (genre un peu plus tard) je n’ai pas mesuré tout de suite la complexité de la tâche. J’ai émigré dans d’autres villes, à Nantes, Bordeaux et même à Paris (!!!), je suis revenue pour le boulot, et donc j’ai eu matière à comparaison…

La plupart des filles que je rencontre ou que j’ai rencontré, je les ai rencontré soit quand je vivais ailleurs soit sur des sites de rencontre…

LES SITES DE RENCONTRES !!! L’oasis dans le désert aride, l’étoile du berger dans le ciel obscur, la lumière au bout du tunnel de la gouine de province célibataire.

Viandox, OkStupid, Tampax, autant vous dire que je les ai tous écumé et que si je devais convertir mon temps d’utilisation en miles je pourrais faire plusieurs fois le tour de la planète du cul.

Bon, ces sites, c’est sûr, ce n’est pas non plus la solution miracle.

Toi même tu sais qu’il y a à boire et à manger. C’est souvent la cour des miracles et qu’entre les bipolaires, les névrosées (dont je fais partie), les angoissées et les angoissantes, les déprimées et les déprimantes, les hétéros curieuses, les mecs cachés et les plans chelous, bon bah faut se frayer un chemin pour trouver LA fille qui te fera kiffer... Mais ça arrive ! Et ça m’est déjà arrivé (plusieurs fois), ce qui nous amènera dans un autre article à parler des relations à distance… (Teasing de malade TAVU)

Quoi qu’il en soit, au delà des rencontres difficiles (tu l’auras compris), NYort reste une petite ville cool et où il y a beaucoup de choses à faire (oui j’te jure). On y vit bien et on n’y subit pas plus d’homophobie qu’ailleurs, voire même moins.

Depuis 2013, avec mon asso (OUT’rageantEs), on invente, on innove, on bouscule les habitudes niortaises et là où nous nous serions noyées parmi d’autres associations ailleurs, ici, notre utilité vient du fait que nous sommes les seules à proposer des choses.

Alors certes ce n’est pas la folie pour les trans, les pédés et les gouines, ça reste une petite ville pour les minorités, mais y rester permet de la faire évoluer dans un sens qui nous paraît meilleur et poser notre pierre à un édifice des égalités encore bancal.

Je suis fière d’être une gouine de province.

(Puis personnellement être ici me permet de me tenir éloignée des dramas de la consanguinité gouine des grandes villes, et de passer pour une petite provinciale crédule à leurs yeux (non là j’invente)).

JE T’AIME TOI GOUINE DE PROVINCE ET D’AILLEURS

B.B

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents